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Victoire N’Sondé

Spécialiste des questions qui allient santé et consommation, Victoire N’Sondé a également mené des enquêtes autour de l’accès au soin des populations les plus vulnérables. Avant de rejoindre The Conversation France, elle a notamment travaillé au sein des rédactions de 60 Millions de Consommateurs, La Quotidienne sur France 5 et Bonjour Santé sur Canal+ Afrique. Elle est diplômée de l’ESJ Lille et titulaire d’un DEA en biologie des cellules sanguines.

Cette chronique a été reproduite du mieux possible. Au cas où vous projetez d’apporter des modifications concernant le thème « Web desing » il est possible de contacter notre journaliste responsable. Le but de leakerneis.fr est de trouver sur internet des données sur le sujet de Web desing puis les diffuser en tâchant de répondre au mieux aux interrogations des internautes. Cet article, qui traite du thème « Web desing », vous est spécialement proposé par leakerneis.fr. Il est prévu divers travaux autour du sujet « Web desing » à brève échéance, on vous invite à naviguer sur notre site internet aussi souvent que possible.Vous pouvez lire cet article développant le sujet « Web desing ». Il est fourni par l’équipe leakerneis.fr. Le site leakerneis.fr est fait pour publier plusieurs publications autour de la thématique Web desing publiées sur la toile. L’article original est réédité du mieux possible. Si vous envisagez d’apporter quelques modifications concernant le sujet « Web desing », vous êtes libre de contacter notre équipe. Prochainement, nous présenterons d’autres informations autour du sujet « Web desing ». De ce fait, consultez régulièrement notre blog.

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Qui est l’homme derrière l’article 49-3

Dans la commune normande de Pavilly, le 13 juin au soir, une petite statue va être dévoilée. Elle honore Robert Lecourt (1908-2004), homme politique français, avocat, démocrate chrétien, ancien chef de la résistance et Européen convaincu. Largement oublié, ses contributions aux institutions françaises et européennes ont été immenses.

Il est notamment l’homme à l’origine du controversé article 49.3 de la constitution, qui permet d’adopter des lois importantes sans un vote parlementaire normal, et de la primauté du droit européen sur le droit national. L’objectif, dans les deux cas, était de permettre la prise et l’application de décisions difficiles.

Avec l’article 49.3, la constitution française de 1958 prévoit un « vote de censure » qui, s’il est soutenu par la majorité absolue des députés, peut à la fois rejeter le projet de loi et contraindre le gouvernement à démissionner. Toutefois, si ce seuil n’est pas atteint, la loi est considérée comme adoptée et le gouvernement reste en place. Cette procédure exceptionnelle a été utilisée par les gouvernements français pour adopter des lois plus de cent fois depuis 1958. Cela a notamment été le cas en 2023 pour relever l’âge de la retraite en France, enclenchant de vives manifestations et valant à la Première ministre le sobriquet de « Madame 49.3 ».

La polémique n’est pas nouvelle. Dès le début des débats sur un tel mécanisme, comme en témoignent les Journaux officiels de février 1958, les parlementaires de l’opposition le dénoncent comme étant « choquant » et même une « camisole de force » pour le Parlement. Peu après sa création en 1958, l’un des premiers ouvrages critiques sur la nouvelle constitution s’interroge même très ouvertement : « Quel est le farfelu qui a inventé ça ? »

« Quel est le farfelu qui a inventé ça ? »

La réponse à cette question est intéressante : l’article 49.3 n’est pas facilement imputable aux « pères fondateurs » les plus évidents de la constitution de la Ve République. Le site Internet de l’Assemblée nationale française annonce que « les institutions de la Ve République, créée en 1958, correspondent aux idées du général de Gaulle, telles qu’il les avait exposées en 1946 », mais le général n’a rien dit en 1946 sur un mécanisme du type de l’article 49.3. Celui-ci n’était pas non plus une idée privilégiée par Michel Debré, le principal rédacteur de la constitution de 1958.

Robert Lecourt
Robert Lecourt. Cour de justice de l’Union européenne

L’initiative de l’article 49.3 est en fait héritée des propositions de réforme constitutionnelle avancées au début de 1958 par Robert Lecourt, alors ministre de la Justice, lorsque Félix Gaillard était président du Conseil. C’est Lecourt qui a préconisé des concepts similaires à l’article 49.3 au cours des années précédant 1958. C’est Lecourt qui a été le fer de lance de l’initiative dans les négociations du parti et au Parlement. Le 14 février 1958, il défend la proposition à l’Assemblée nationale, soulignant l’instabilité de la IVe République et la nécessité de concilier « démocratie » et « efficacité ». À l’époque, l’origine de l’article 49.3 est largement comprise. Ainsi, le 16 août 1958, on peut lire dans les pages du journal La Croix :

« Le système prévu est, en effet, proche de celui que réclamait M. Lecourt, quand il s’agissait de réformer la précédente constitution, système ayant pour but d’empêcher que les gouvernements ne soient renversés par une minorité et que les abstentions jouent contre lui. Ce sera sans doute là une des meilleures dispositions des institutions de la Ve République. »

Si quelqu’un mérite alors le titre de « Monsieur 49.3 », c’est bien Robert Lecourt. Aujourd’hui quasiment inconnu en tant qu’homme politique, il devrait être considéré parmi les « pères fondateurs » de la constitution française de 1958.

Un 49.3 européen ?

L’article 49.3 n’est pas la seule modification des pouvoirs de l’Assemblée nationale qui trouve son origine dans les opinions et le militantisme de Robert Lecourt. Une autre, également controversée, découle des contraintes imposées par de droit de l’Union européenne. Celui-ci prime sur les législations nationales (si une loi française va à l’encontre d’un règlement européen, c’est la législation européenne qui est applicable). Le droit européen détermine le droit et la politique française dans un large éventail de domaines sans vote de l’Assemblée nationale. Il est souvent directement applicable par les tribunaux français. Cela rend le droit européen plus efficace et plus contraignant que les formes courantes du droit international (par exemple les règles de l’Organisation mondiale du commerce, qui ne sont pas applicables devant les tribunaux nationaux). Cette spécificité facilite la coopération européenne, tout en soulevant des questions sur la nature démocratique du droit européen.

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Mais d’où viennent les grands principes du droit européen ? L’effet direct et la primauté du droit européen n’étaient pas énoncés dans le traité de Rome signé par les États européens. Ils ont été créés, pourrait-on dire « inventés », en 1963 et 1964 par la Cour de Justice européenne. Deux arrêts désormais célèbres de la Cour européenne de justice, « Van Gend en Loos » en 1963 et « Costa contre Enel » en 1964, indiquent que les tribunaux nationaux doivent appliquer les lois européennes à la demande des justiciables privés, même si les lois européennes sont en contradiction avec la législation nationale. C’est la naissance de l’effet direct. Au fil du temps, les principes énoncés dans ces premiers jugements ont abouti à la hiérarchie des normes actuelles.

Ces arrêts qui transformeront l’avenir de l’Union européenne ont immédiatement suivi la nomination, en 1962, d’un nouveau juge français : Robert Lecourt. Lecourt semble avoir été le juge le plus influent de la Cour entre 1962 et 1976, devenant président en 1967. L’effet direct et la primauté du droit européen sont des acquis des « années Lecourt » à la Cour de justice européenne, comme décrit par un autre juge européen, Pierre Pescatore. Avec Schuman, Adenauer et Monnet, Lecourt devrait donc également être reconnu comme l’un des « pères fondateurs » de l’Union européenne.

Ce parallèle entre le droit européen et l’article 49.3 permet de les envisager sous un jour nouveau. La coopération européenne et la stabilité des gouvernements français n’auraient peut-être pas été possibles sans ces changements significatifs dans le pouvoir législatif de l’Assemblée nationale – aussi contraires soient-ils à la tradition. Comme l’indiquait Lecourt le 9 mai 1975, à l’occasion du 25e anniversaire de la Déclaration Schuman :

« Qui voulait le but devait vouloir le moyen. »

Le droit qui régit les Français et de nombreux Européens au quotidien n’aurait pas le même visage sans les fondations bâties par cet avocat aujourd’hui méconnu qu’est Robert Lecourt. Si vous passez devant son buste à Pavilly, vous saurez désormais à qui vous avez à faire.

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Shin-Etsu Chemical développe des équipements pour fabriquer des substrats d’empaquetage de semi-conducteurs pour le processus d’arrière-plan et continue à rechercher …

TOKYO–(BUSINESS WIRE)–Shin-Etsu Chemical Co., Ltd. (TOKYO : 4063) (Siège social : Tokyo ; Président : Yasuhiko Saitoh ; ci-après, « Shin-Etsu Chemical ») a développé une nouvelle méthode de fabrication des substrats d’empaquetage des semi-conducteurs, qui fait suite à un nouveau système de fabrication de micro-LED. L’équipement consiste en un traitement haute performance utilisant un laser excimer et une méthode à double damasquinage – également utilisée dans le processus initial de fabrication de semi-conducteurs – est appliquée au processus de fabrication du substrat de l’empaquetage (processus d’arrière-plan) (méthode du double damasquinage de Shin-Etsu). De ce fait, les fonctions d’interposeur se forment directement dans le substrat d’empaquetage. Non seulement cette méthode élimine la nécessité d’un interposeur, mais elle permet également la poursuite de la microfabrication, là où des méthodes de fabrication conventionnelles ne pourraient pas être appliquées. Le principe réduit également les coûts et les investissements en capital car dès lors le processus de fabrication du substrat d’empaquetage ne nécessite pas l’utilisation de résine photosensible.

Un chiplet, dans lequel les circuits sont isolés puis assemblés dans un empaquetage, est la technologie qui a été retenue parce qu’elle permet de réduire le coût de fabrication de semi-conducteurs performants. Elle consiste à monter plusieurs chiplets sur un substrat intermédiaire et à les connecter. Le substrat intermédiaire est appelé « interposeur ».

Avec la méthode du double damasquinage de Shin-Etsu, l’interposeur n’est plus nécessaire, ce qui simplifie considérablement le processus d’assemblage. Selon cette méthode, les chipsets sont connectés à un substrat d’empaquetage comportant des motifs de câblage dont la fonction est équivalente à celle d’un interposeur. Par conséquent, avec la technologie du chiplet le processus d’empaquetage de semi-conducteurs avancés peut être raccourci et son coût peut être considérablement réduit.

La technologie de microfabrication sophistiquée du système permet de former des modèles de circuits électriques complexes directement dans chaque couche d’isolation organique d’un substrat d’empaquetage multicouches, suivi de la formation de circuits par placage de cuivre. Le procédé utilise un laser excimer comme source de lumière pour former, par lots, des modèles de circuits électriques de grande surface. La méthode Shin-Etsu à double damasquinage permet une microfabrication encore plus miniaturisée, ce qui serait impossible à réaliser selon la méthode de traitement semi-additif (SAP) utilisant une réserve de film sec, comme c’est le cas actuellement. L’équipement de traitement laser peut traiter une zone de 100 mm carrés ou plus en même temps grâce à la combinaison d’un photomasque composé de grandes ébauches de photomasque Shin-Etsu et de sa lentille spéciale exclusive. Le temps de traitement varie en fonction de la taille du substrat d’un empaquetage, mais le temps nécessaire pour traiter le modèle de câblage et les électrodes est le même que le temps nécessaire pour traiter les vias. De plus, le temps de traitement des vias ne dépend pas du nombre de vias. Par exemple, il faut environ 20 minutes pour former des tranchées de 2 µm de largeur et 5 µm de profondeur et des électrodes de 10 µm de diamètre et 5 µm de profondeur sur un substrat organique de 515 mm × 510 mm, ainsi que pour former des vias (diamètre supérieur 7 µm, diamètre inférieur 5 µm, profondeur 5 µm).

Shin-Etsu Chemical travaille sur des projets qui intègreront ses propres technologies de matériaux et d’équipements. En développant de nouvelles technologies de processus, nous proposerons des solutions complètes en termes d’équipements et de matériaux et nous serons ainsi en tête du développement de technologies de nouvelle génération qui contribueront à la richesse économique de notre société.

Le texte du communiqué issu d’une traduction ne doit d’aucune manière être considéré comme officiel. La seule version du communiqué qui fasse foi est celle du communiqué dans sa langue d’origine. La traduction devra toujours être confrontée au texte source, qui fera jurisprudence.

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La défiance envers l’école, facteur clé du vote RN

La faiblesse du niveau de diplôme est un des facteurs les plus prédictifs du vote pour le Rassemblement national (RN), et avant lui le Front national (FN). Derrière ce constat statistique, ce que la sociologie de terrain retrouve, ce sont des trajectoires scolaires souvent heurtées, relativement courtes, vécues difficilement. C’est ainsi un certain rapport à l’école, distant voire défiant, qui apparaît comme l’un des facteurs communs à une partie importante de l’électorat lepéniste.

Il ne s’agit pas de suggérer qu’il y aurait un lien direct et nécessaire entre un « manque de culture » et les penchants xénophobes nourrissant le vote RN – après tout, il y a toujours eu des manières très cultivées d’être d’extrême droite, et l’idéologie raciste s’est toujours reposée sur des constructions intellectuelles et savantes.

La faiblesse du diplôme a en revanche des conséquences socioprofessionnelles importantes, du fait de la fragilité sur le marché du travail qu’elle engendre. Dans une société où la possession de capitaux scolaires est devenue si importante, en être dépourvu produit une incertitude et un pessimisme structurant les préférences électorales pour le RN.

Cette situation génère aussi une relation spécifique à l’ordre scolaire, y compris pour les électeurs étant parvenus à une certaine stabilité sociale. C’est sur cette relation à l’école et ses conséquences sociales et politiques que j’aimerais m’attarder ici.

De 2016 à 2022, dans le cadre d’une enquête de terrain menée dans le sud-est de la France, j’ai rencontré des électeurs de classes populaires et de petites classes moyennes votant ou ayant déjà voté pour le RN. Durant les entretiens, l’enjeu de l’école a été régulièrement convoqué, souvent sous un registre négatif. À propos de leurs parcours scolaires, beaucoup de personnes m’indiquent n’avoir « pas aimé » l’école, ou n’être « pas faites pour les études », trahissant le désajustement entre leur propre socialisation et les attentes de l’institution scolaire.

Pour ces électeurs, qui étaient pour beaucoup des parents au moment de l’enquête, la question scolaire émerge de plusieurs façons. D’abord comme inquiétude pour leurs enfants face à une dégradation de l’école publique – ce qui peut amener certaines familles à se tourner vers les établissements privés. Ensuite, comme moteur d’antagonisme vis-à-vis d’autres groupes sociaux, notamment ceux davantage dotés en capital culturel – antagonisme qui s’accompagne souvent d’une défiance envers la gauche.

Dégradation de l’école publique, recours au privé

La moindre maîtrise de l’univers scolaire a pour première conséquence de se sentir démuni face à ce qui est considéré comme une détérioration de l’offre scolaire publique. Sur mon terrain comme ailleurs, l’école publique pâtit d’une mauvaise réputation. La conviction que « le public » s’est « dégradé » semble très largement partagée, en particulier dans certains quartiers en cours d’appauvrissement dans lesquels vivent souvent les personnes interrogées. Cette situation est vécue d’autant plus durement que l’importance des certifications scolaires pour leurs enfants a parfaitement été intégrée par les parents de classes moyennes et de classes populaires. Mais contrairement aux groupes mieux pourvus en ressources culturelles, il est plus difficile pour eux de mettre en place des stratégies de compensation du niveau jugé insatisfaisant de certaines écoles publiques (faire les devoirs à la maison, voire détourner la carte scolaire, etc.).


À lire aussi : L’électorat enseignant, convoité par le Rassemblement national


Dans certains cas, le faible capital culturel peut être compensé en partie par un (petit) capital économique, notamment en ayant recours à l’école privée. Beaucoup de personnes rencontrées m’indiquent ainsi avoir choisi de scolariser leurs enfants dans le privé, et ce parfois au prix de sacrifices financiers importants. Dans les territoires dans lesquels j’ai enquêté, il n’est un secret pour personne que l’inscription dans ces établissements doit être demandée très en avance, car les listes d’attente ne cessent de s’allonger. Par contraste avec les établissements publics, les écoles privées sont réputées de meilleur niveau, avec une sélection des élèves plus importante, une « discipline » et une « surveillance » accrues pour les enfants et adolescents. Le privé est donc le prix à payer par les parents pour, comme on me l’a souvent dit, être « tranquilles » quant à l’éducation scolaire et aux « fréquentations » de leurs enfants.

Il faut noter que cette décision n’est jamais prise de gaieté de cœur. Comme me l’exprime une électrice ayant scolarisé ses enfants dans le privé, « c’est quand même malheureux d’en arriver là ». Ce choix du privé est conçu, au fond, comme anormal, et les élites dirigeantes en sont en grande partie tenues responsables. Le recours au privé n’est donc pas un refus de l’État, mais le symptôme d’une déception vis-à-vis de ce que les institutions publiques devraient offrir aux citoyens.

Inquiétudes éducatives et vote RN féminin

L’offre scolaire locale est ainsi perçue comme faisant partie d’un système concurrentiel, avec des classements informels des établissements circulant selon leur réputation. Dans les discours des personnes interrogées, ces perceptions s’avèrent souvent profondément racialisées. La proportion de personnes identifiées comme immigrées fréquentant les écoles fonctionne comme une sorte de signal du niveau scolaire global de l’établissement, orientant les stratégies parentales de placement scolaire. Dans certains quartiers, le déclassement social des écoles publiques est ainsi d’autant plus visible qu’il est perçu racialement, et d’autant plus difficile à enrayer que cette perception renforce, par circularité, les pratiques d’évitement des ménages blancs.

Cette situation suscite des désirs de protectionnisme non plus seulement sur le terrain de l’emploi, mais également sur celui de l’accès aux ressources communes et aux services publics. Le problème n’est plus ici l’immigré travailleur, mais les familles immigrées, dont les enfants vont être scolarisés dans les écoles du quartier. De ce fait, les discours politiques comme ceux du RN prônant la réduction de l’immigration et l’arrêt du regroupement familial trouvent ici des échos favorables.


À lire aussi : Du FN au RN : comment les femmes sont devenues indispensables à l’extrême droite


Dans mon enquête, ces inquiétudes éducatives touchent davantage les électrices que les électeurs. On sait que l’éducation des enfants continue d’être une prérogative majoritairement féminine, ce qui pourrait constituer une des causes du vote des femmes (et notamment des mères) pour le RN. Le vote d’extrême droite a longtemps été un vote majoritairement masculin, les femmes votant traditionnellement beaucoup moins pour cette famille politique. En France, ce « gender gap » (écart entre les sexes) s’est cependant progressivement réduit au fil des élections récentes. Il a même désormais complètement disparu pour le RN (tout en refaisant son apparition sur le vote Zemmour).

Les causes de ce rattrapage électoral féminin sont multiples, d’un « effet Marine Le Pen » (par comparaison avec le virilisme explicite de son père) à des causes plus structurelles, comme la précarisation croissante de secteurs d’emplois majoritairement féminins (aides à la personne, secteur du care, etc.). Mon enquête invite aussi à prendre davantage en compte la question scolaire dans l’explication du progressif ralliement des femmes à l’extrême droite. À bien des égards, un autre ressort crucial du vote RN féminin réside dans cette situation dégradée de l’école en France et dans les appréhensions parentales qu’elle suscite.

Les « donneurs de leçons »

Le rapport à l’école a aussi des conséquences sur les manières de percevoir les autres groupes sociaux et, derrière eux, les formations politiques. Comme suggéré plus haut, pour beaucoup d’électeurs du RN, c’est le travail, plus que l’école, qui leur a permis d’accéder à un emploi (relativement) stable et à un petit patrimoine (souvent leur propre logement dont ils sont propriétaires). Ils se caractérisent ainsi par un capital économique supérieur à leur capital culturel. Cette structure du capital que l’on retrouve de façon transversale au sein de l’électorat lepéniste se traduit par la valorisation de styles de vie orientés davantage vers la réussite économique que vers « des ressources culturelles distinctives ».

Dès lors, lorsqu’il s’agit de qualifier les groupes situés dans le « haut » de l’espace social, les électeurs du RN vont davantage valoriser les élites spécifiquement économiques. Sur mon terrain, si l’on peut certes critiquer une richesse trop ostentatoire (ceux qui « veulent montrer qu’ils ont de l’argent ») ou démesurée (ceux qui « se gavent »), la figure du « bon patron » ou de la personne qui a « réussi » économiquement revient souvent de façon positive dans les discours.

Par contraste, les groupes et individus les plus pourvus en capital culturel, les « sachants », et notamment les professions spécialisées dans l’usage du savoir, de la parole et des symboles (enseignants, journalistes, artistes…), vont souvent susciter scepticisme et hostilité. Ces derniers sont souvent associés à une position de privilégié moralisateur, des « beaux parleurs » et des « donneurs de leçons ». Cette défiance se rejoue dans le rejet de la gauche, camp politique souvent associé – non sans un certain réalisme sociologique – à ces « élites du diplôme ».

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À bien des égards, le mépris de classe dont s’estiment parfois victimes les électeurs du RN fait écho aux formes de violence symbolique dont l’école est un des principaux foyers. Comme si la distance à l’univers scolaire, aux positions professorales, à la culture dite légitime et aux styles de vie qui lui sont associés exprimait une réaction de défense face à une domination scolaire subie antérieurement.

L’institution scolaire reste pour beaucoup avant tout un lieu de classements, de frustrations et d’humiliations. Il faut donc s’interroger sur ce que produit politiquement notre école, sur les visions du monde et les préférences électorales qu’elle engendre sur le long terme chez les individus.

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Comment les pêcheurs savent-ils où se trouvent les poissons


Chaque semaine, nos scientifiques répondent à vos questions.

N’hésitez pas à nous écrire pour poser la vôtre et nous trouverons la meilleure personne pour vous répondre.

Et bien sûr, les questions bêtes, ça n’existe pas !


Pêcher nécessite de savoir où se trouve le poisson. Les différences des savoirs et des pratiques entre pêcheurs expliquent pourquoi les captures ramenées au port un même jour par divers bateaux ne se ressemblent pas (ni en qualité, ni en quantité). L’acquisition de ce savoir a changé au cours du temps. Si l’oralité a joué un rôle essentiel pendant des millénaires, nouvelles technologies et électronique qui représentent les piliers de la pêche moderne, notamment industrielle, permettent de connaitre la position géographique, la profondeur et la saison de pêche des espèces recherchées.

Avant l’outil moderne de positionnement par satellite (GPS), une zone de concentration de poissons autour de rochers, dans des prairies sous-marines ou aux alentours d’une épave à proximité de la côte était repéré par des amers, points caractéristiques situés à terre et bien visibles à une distance raisonnable jusqu’à 10 milles en mer (environ 18,5 km), par exemple le clocher d’une église, une tour, une antenne ou simplement un sommet.

Il convenait de trouver trois amers, disposer d’un compas pour les relever sur une carte par rapport au point recherché qui était localisé par triangulation. Il existe une multitude de sites de la sorte le long des côtes dont la localisation a été transmise au gré de discussions en famille ou entre pêcheurs.

Depuis cinquante ans, ces discontinuités sur le fond susceptibles de concentrer poissons et crustacés qui viennent s’y cacher ou s’y nourrir sont localisées avec un sondeur et la position en latitude et longitude précise est donnée par le GPS et méticuleusement répertoriée sur une carte ou un livre de bord. Plaisanciers et pêcheurs professionnels disposent désormais de cette instrumentation.


Pour satisfaire votre curiosité :


Au large, repérer des poissons nécessite une observation experte de la surface de l’eau ou de quelques mètres dans les airs au-dessus de la surface. Navigateurs et pêcheurs ont toujours observé à vue ou plus souvent à l’aide de jumelles ou de longues-vues, des reflets argentés à la surface pouvant être un banc de petits pélagiques (sardines, anchois), et des frétillements ou des bouillonnements pour des bancs de bonites, de thons jaunes ou thons rouges. Un souffle de baleine ou de dauphins pourra signaler une présence de proies autour desquelles seront rassemblés des prédateurs que recherchent les pêcheurs.

Des groupes d’oiseaux actifs plongeant pour chasser des proies permettront de localiser un banc de thons. Ces groupes d’oiseaux sont d’une importance capitale pour la pêche thonière à la senne et peuvent être repérés à des distances de plus de cinquante kilomètres à l’aide de radars dédiés.

Lorsque le bateau se rapprochera des oiseaux, il mettra en action son sonar pour vérifier si les poissons représentent un intérêt commercial, pour apprécier la quantité et observer la taille du banc, diamètre et hauteur. Depuis une dizaine d’années, des informations sur les quantités de poissons associés à des dispositifs de concentration de poissons (DCP) mesurées par des sondeurs sont directement envoyées aux bateaux qui optimisent ainsi leur stratégie de pêche.

À partir des années 1990, des chercheurs océanographes, écologues, biologistes ont mené des recherches pluridisciplinaires pour décrire l’habitat et le comportement des ressources marines exploitées avec des marques satellites posées sur des poissons ainsi que des observations de l’environnement in situ et par satellites pour mesurer la température de surface des océans, la richesse en phytoplancton, les vitesses et directions des courants.

Les produits de ces recherches comme des cartes satellites ou des modèles de répartition des poissons à haute définition ont été exploités par des sociétés de services qui proposent désormais des produits d’aide à la pêche. Les technologies de type électronique et informatique ont définitivement remplacé le compas et l’oralité en tant que vecteur de connaissances. Ces technologies ont aussi contribué à un considérable accroissement de l’aide à la pêche permettant à tous les pêcheurs de savoir où se trouve le poisson.

Le progrès a entraîné une incroyable augmentation de l’efficacité de pêche que les gestionnaires ont du mal à contrôler et qui s’est soldé par ce qui est appelé la surpêche. Cette surpêche a des impacts négatifs non seulement sur les espèces recherchées, mais aussi sur des espèces capturées accidentellement qui sont rejetées vivantes ou mortes ainsi que sur les écosystèmes.

Cette chronique a été reproduite du mieux possible. Au cas où vous projetez d’apporter des modifications concernant le thème « Web desing » il est possible de contacter notre journaliste responsable. Le but de leakerneis.fr est de trouver sur internet des données sur le sujet de Web desing puis les diffuser en tâchant de répondre au mieux aux interrogations des internautes. Cet article, qui traite du thème « Web desing », vous est spécialement proposé par leakerneis.fr. Il est prévu divers travaux autour du sujet « Web desing » à brève échéance, on vous invite à naviguer sur notre site internet aussi souvent que possible.Vous pouvez lire cet article développant le sujet « Web desing ». Il est fourni par l’équipe leakerneis.fr. Le site leakerneis.fr est fait pour publier plusieurs publications autour de la thématique Web desing publiées sur la toile. L’article original est réédité du mieux possible. Si vous envisagez d’apporter quelques modifications concernant le sujet « Web desing », vous êtes libre de contacter notre équipe. Prochainement, nous présenterons d’autres informations autour du sujet « Web desing ». De ce fait, consultez régulièrement notre blog.

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La Biélorussie face à la perspective de l’entrée de l’Ukraine dans l’UE

L’année 1991 est entrée dans l’histoire et dans la mémoire collective comme l’une des plus marquantes du XXe siècle, signant la fin du monde bipolaire qui avait structuré la géopolitique mondiale durant plusieurs décennies. Côté européen, elle s’est traduite par la destruction, si attendue, du rideau de fer séparant le continent. Un chemin de réconciliation semblait ouvert. Une Europe enfin unifiée ne semblait plus une utopie mais un véritable projet politique pour de nombreux gouvernements. Les pays d’Europe centrale et orientale s’engageaient dans de longues négociations afin de devenir membres à part entière de l’UE. Tous, ou presque…

La Biélorussie choisissait, pour sa part, une autre voie, devenant, au fil des années, une sorte de pont entre le monde occidental et la Russie. La situation géographique de la Biélorussie, son histoire d’« État-pivot », les perspectives d’adhésion à l’UE de trois de ses voisines – la Pologne, la Lituanie et la Lettonie (perspectives devenues effectives en 2004) – ainsi que les difficultés dans l’avancement de l’Union russo-biélorusse donnaient du sens à ce projet.

Depuis, l’idée d’un État-pont a progressivement cédé la place à celle d’une zone tampon, avant que le début de la guerre en Ukraine ne signe la fin des illusions : la Biélorussie restera dans le giron de l’influence russe, sous forme de zone tampon peut-être, mais perdant tout espoir de neutralité. La construction d’un mur sur la frontière polono-biélorusse incarne cette émergence d’un « rideau de Schengen » sur le continent européen.

Cette formule de « non-voisinage » risque d’être remise en cause à moyen terme du fait de la reconfiguration des frontières de l’UE, annoncée dans des documents stratégiques récents publiés par l’Union. Sans prétention aucune à lire dans une boule de cristal, tentons d’esquisser les implications qu’aurait pour la Biélorussie, en tant qu’État, mais aussi en tant que société, l’élargissement de l’UE à plusieurs nouveaux États, au premier rang desquels l’Ukraine, s’il venait à se produire.

Le retour de l’élargissement sur l’agenda européen

La guerre en Ukraine a profondément questionné le projet européen, notamment dans sa dimension internationale. L’Union a-t-elle les moyens d’une grande puissance ? Quels en seraient les fondements et contours ?

Parmi les réponses à ces questions, la politique d’élargissement, mise en arrêt depuis l’adhésion de la Croatie en 2013, est revenue à l’ordre du jour.

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L’élargissement est un « investissement géostratégique », est-il déclaré dans la déclaration de Grenade du 6 octobre 2023 et dans les conclusions du Conseil européen des 14-15 décembre dernier. Même les dirigeants de pays qui, par le passé, avaient montré peu d’enthousiasme pour de nouveaux élargissements de l’UE ont complètement changé de ton. Ainsi en est-il de la Suède, du Danemark, de la Belgique, des Pays-Bas, mais aussi de la France et de l’Allemagne.

L’Union semble s’engager, bien que « pas avant 2030 », à accueillir plusieurs nouveaux pays : cinq États des Balkans – Albanie, Bosnie-Herzégovine, Macédoine du Nord, Monténégro, Serbie – et les trois ex-républiques soviétiques que sont la Géorgie, la Moldavie et l’Ukraine. Concernant la Moldavie et l’Ukraine, les dirigeants européens ont décidé d’ouvrir les négociations d’adhésion lors du Conseil européen de décembre 2023, moment où la Géorgie s’est vu accorder le statut de pays candidat.


À lire aussi : Géorgie : quand la société civile défend l’avenir européen du pays


Bien qu’il n’existe pas à l’heure actuelle de consensus concernant les modalités précises des futurs élargissements, le train de l’élargissement semble relancé. Demeurent de nombreuses interrogations concernant ses possibles implications, notamment dans le contexte de la guerre en Ukraine qui, même si elle est terminée en 2030, aura des répercussions durables sur les relations géopolitiques sur le continent européen. Un nouvel élargissement incorporant des pays appartenant à ce que le Kremlin perçoit comme son arrière-cour deviendra certainement une nouvelle source de tensions entre l’Union et la Russie.

Condamnées à s’entendre… ou pas ?

La proximité géographique entre la Biélorussie et l’Union européenne a très largement façonné les relations qui se sont établies entre elles depuis l’élargissement européen de 2004. Le partage d’une frontière commune avec la Lettonie (173 km), la Pologne (418 km) et la Lituanie (678,8 km) a expliqué, parmi d’autres facteurs tels que la proximité culturelle et la mémoire collective partagée, pourquoi l’Union a poursuivi les efforts de dialogue avec un régime politique devenant de plus en plus autoritaire à sa porte, préservant, par exemple des programmes de coopération transfrontalière.

La politique européenne de voisinage (PEV) et notamment son volet Partenariat oriental ont fait partie des instruments que l’Union a ouverts à la participation de la Biélorussie, malgré un manifeste éloignement des systèmes politiques.

La récente crise migratoire, orchestrée en 2021 par les responsables biélorusses à la frontière de la Pologne et de la Biélorussie à travers l’instrumentalisation de migrants venus du Moyen-Orient et d’Afrique, a montré à quel point les frontières n’étaient pas étanches entre ces espaces. À partir de ce moment, la frontière biélorusso-européenne s’est progressivement matérialisée et est devenue un lieu de confrontation tangible ressemblant de plus en plus à un nouveau rideau de fer en Europe.

La construction par la Pologne d’un mur long de 180 kilomètres fut d’ailleurs présentée comme « un investissement absolument stratégique pour la sécurité de la nation », par le ministre polonais de l’Intérieur de l’époque, Mariusz Kaminski.

L’exemple polonais a été suivi par la Lituanie qui a achevé en août 2022 un mur de quatre mètres de hauteur s’étendant sur 550 kilomètres et entravant très significativement les mouvements de populations entre ces deux pays. Plus récemment, le 18 mai, le premier ministre Donald Tusk a annoncé que la Pologne allait investir plus de 2 milliards d’euros dans la sécurité et la fortification de sa frontière avec la Russie et la Biélorussie.

La perspective de l’élargissement à l’Ukraine pose la question de la forme et surtout du sens que prendrait la frontière entre la Biélorussie et l’Ukraine. Celle-ci pourrait ouvrir de nouvelles opportunités de coopération, mais aussi devenir une source de nouvelles menaces. Les deux pays, si proches d’un point de vue culturel, géographique ou historique, mais si éloignés depuis l’agression de l’Ukraine par la Russie avec le soutien constant de Loukachenko, ce qui a transformé de facto la Biélorussie en un cobelligérant aux côtés de Moscou, seraient à la recherche d’une formule de voisinage reflétant cette contradiction.

À l’horizon 2030, date presque irréaliste pour une adhésion de l’Ukraine, la confrontation des deux modèles – démocratique et libéral côté européen, autoritaire et répressif côté biélorusse – risque de perdurer.

Rien ne laisse présager à l’heure actuelle d’un éventuel changement de régime en Biélorussie. Sans limitation du nombre de mandats présidentiels, sans nouveaux moyens de pression de la part de l’UE, bénéficiant d’un soutien pour l’instant solide du Kremlin, peu d’obstacles semblent devoir empêcher Alexandre Loukachenko de se représenter à l’élection de 2030. Rappelons que le chef de l’État, en poste depuis 1994, a été, depuis, reconduit à son poste à cinq reprises, tous les scrutins ayant été entachés de fraudes considérables. Il a déjà annoncé qu’il serait candidat à un nouveau mandat de cinq ans à la présidentielle de 2025. En 2030, il sera âgé de 75 ans et pourrait tout à fait décider de se faire élire une fois de plus.

Même dans l’hypothèse que la guerre en Ukraine s’arrête ou, a minima, entre dans une phase de stabilisation, ce conflit structurera encore longtemps la géopolitique du continent européen et limitera toute tentative de rapprochement tangible entre, d’une part, la Russie et la Biélorussie et, d’autre part, l’Occident et ses alliés, dont l’Ukraine. La frontière biélorusso-ukrainienne deviendrait, dans cette hypothèse, une véritable ligne de démarcation de plus de 890 km. Cet allongement de la frontière partagée avec l’Union donnerait aussi à Loukachenko des moyens supplémentaires de pression sur les Européens.

Quelle réaction de la société civile biélorusse ?

Côté société civile en Biélorussie, l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne serait un coup dur pour une grande partie de la population, au-delà de tout clivage intergénérationnel. Pour les plus âgés, nostalgiques de la période soviétique et partageant largement la représentation d’une proximité culturelle et sentimentale entre les trois peuples slaves (russe biélorusse et ukrainien), la rupture serait « consommée » ; toute ambiguïté, toute illusion d’une éventuelle (ré)-Union des anciennes républiques-sœurs disparaîtrait pour longtemps.

Pour les jeunes générations, traditionnellement opposées dans leur grande majorité à Loukachenko, le sentiment d’injustice (difficile d’accepter qu’un pays voisin si proche avec la Biélorussie à plusieurs égards puisse suivre une trajectoire aussi différente) pourrait se renforcer et devenir une nouvelle source d’indignation contre une posture post-soviétique figée condamnant la Biélorussie à vivre dans le passé. Cette partie de la population n’ayant pas connu la période soviétique et ne se reconnaissant pas dans la forme du pouvoir instaurée par Loukachenko deviendrait, dans ce scénario, la force principale du changement. Une forte vague de contestation, s’opposant à une nouvelle « victoire » de Loukachenko à l’élection présidentielle de 2030 et légitimement envieuse du destin de ses voisins du sud, pourrait in fine engendrer une nouvelle lueur d’espoir.

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Chemours publie son rapport de développement durable 2023

WILMINGTON, Del.–(BUSINESS WIRE)–The Chemours Company (« Chemours ») (NYSE: CC), une entreprise mondiale de chimie, a annoncé aujourd’hui la septième édition de son rapport annuel sur le développement durable, décrivant les progrès de l’entreprise vers l’atteinte de sa responsabilité d’entreprise2030.Objectifs d’engagement (CRC). Le rapport intitulé « Partenariat pour le progrès » montre comment Chemours adopte des partenariats pour fournir des produits innovants de manière responsable et plus durable, partager son succès avec d’autres et générer de la valeur commerciale.

« L’engagement de Chemours en faveur du développement durable et de nos valeurs est inébranlable. Nous avons réalisé des progrès significatifs par rapport aux objectifs de notre engagement en matière de responsabilité d’entreprise, en donnant la priorité aux actions qui améliorent la façon dont les gens vivent, stimulent le progrès moderne et protègent notre planète pour les générations futures », a déclaré Denise Dignam, présidente et directrice générale de Chemours. « Nous nous concentrons sur les priorités qui comptent pour notre entreprise, nos clients et nos parties prenantes, et nous intégrons pleinement le développement durable dans nos décisions et actions commerciales au sein de notre organisation. »

Chemours organise sa stratégie de développement durable et les objectifs du CRC autour de quatre piliers: leadership environnemental, innovation et solutions durables, impact sur la communauté et un meilleur lieu de travail pour tous. Inspirés par la vision de l’entreprise, ces piliers guident les actions et les décisions quotidiennes de ses employés, depuis la production et l’innovation de produits jusqu’à l’engagement des parties prenantes et de la communauté.

« Le monde moderne continue de progresser plus rapidement chaque année, ce qui entraîne à la fois des défis sociétaux et des opportunités pour créer un monde plus durable », a déclaré le Dr. Amber Wellman, directrice du développement durable de Chemours. « Le changement climatique, la disparition de la nature, les inégalités sociales et la santé publique comptent parmi les problèmes les plus urgents de notre époque, et ils nécessitent une action audacieuse et collaborative au sein de la société. Chez Chemours, nous croyons au pouvoir des partenariats pour trouver les meilleures solutions aux plus grands défis et aux opportunités qu’ils offrent pour accélérer le progrès. En travaillant ensemble et grâce aux capacités uniques de notre chimie, nous contribuons à permettre des applications importantes qui répondent à des objectifs sociétaux, tels que la transition vers une énergie propre, la stimulation de l’innovation dans les solutions de gestion thermique à faible potentiel de réchauffement climatique, le progrès de l’électronique et l’électrification des transports, la progression vers un avenir plus vert et plus inclusif, et la contribution à améliorer la vie partout dans le monde. »

Les points saillants du rapport de développement durable 2023 de Chemours comprennent:

  • Réalisation d’une réduction de 52 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) depuis 2018, en bonne voie pour une réduction de 60 % d’ici 2030.
  • Nous avons réduit de 53 % les émissions totales de produits chimiques organiques fluorés dans l’air et l’eau, dépassant ainsi la moitié de notre objectif de réduction de 99 % pour 2030.
  • A atteint et dépassé notre objectif de chaîne d’approvisionnement durable, en évaluant la performance en matière de développement durable de 81 % des fournisseurs en termes de dépenses, dont 24 % ont démontré une amélioration de leur performance en matière de développement durable. De plus, 85 % des fournisseurs partenaires de Chemours ont obtenu des résultats supérieurs au seuil moyen de toutes les entreprises notées par EcoVadis.
  • Élaboration d’un cadre avec le Wildlife Habitat Council pour mener une évaluation de la nature et mettre en œuvre une initiative fondée sur la nature à l’échelle de l’entreprise en 2024.
  • Investissement de 3 millions de dollars dans le Centre pour le Clean Hydrogen dans le cadre du Clean Hydrogen Partnership, qui s’efforcera de résoudre les défis liés à la création d’hydrogène propre à faible coût et à une conversion efficace de l’énergie hydrogène.
  • Extension de ChemFEST, notre programme de partenariat pour l’éducation STEM dans les collèges, sur cinq sites aux États-Unis et en Belgique.
  • A obtenu la certification Great Place to Work® dans 15 régions du monde, couvrant plus de 92 % de la main-d’œuvre mondiale de Chemours.

Des partenariats solides sont essentiels pour progresser. Découvrez comment les partenaires de Chemours contribuent à renforcer la gestion de l’environnement et la responsabilité sociale dans le rapport de développement durable 2023.

À propos de la société Chemours

The Chemours Company (NYSE : CC) est un leader mondial des technologies du titane, des solutions thermiques et spécialisées et des matériaux haute performance, fournissant à ses clients des solutions dans un large éventail de secteurs avec des produits de référence, une expertise en matière d’applications et des innovations basées sur la chimie. Nous proposons des solutions personnalisées avec une large gamme de produits chimiques industriels et spécialisés pour les marchés, notamment les revêtements, les plastiques, la réfrigération et la climatisation, les transports, les semi-conducteurs et l’électronique grand public, l’industrie générale, ainsi que le pétrole et le gaz. Nos produits phares sont vendus sous des marques de premier plan telles que Ti-Pure™, Opteon™, Fréon™, Teflon™, Viton™, Nafion™ et Krytox™. La société compte environ 6 600 employés et 29 sites de fabrication au service d’environ 2 900 clients dans environ 120 pays. Chemours est basée à Wilmington, dans le Delaware, et est cotée à la Bourse de New York sous le symbole CC.

Pour plus d’informations, nous vous invitons à visiter chemours.com ou suivez-nous sur X (anciennement Twitter) @Chemours ou sur LinkedIn.

Déclarations prospectives

Ce communiqué de presse contient des déclarations prospectives, au sens de l’article 27A du Securities Act de 1933 et de l’article 21E du Securities Exchange Act de 1934, qui impliquent des risques et des incertitudes. Les énoncés prospectifs présentent les attentes actuelles d’événements futurs basées sur certaines hypothèses et comprennent tout énoncé qui n’est pas directement lié à un fait historique ou actuel.Les mots « croire », « s’attendre à », « anticiper », « planifier », « estimer », « cibler », « projeter » et autres expressions similaires, entre autres, permettent généralement d’identifier les « énoncés prospectifs », qui ne sont valables qu’à la date à laquelle ces énoncés ont été faits.Ces déclarations prospectives peuvent porter, entre autres choses, sur nos progrès par rapport aux objectifs de notre engagement en matière de responsabilité d’entreprise et sur notre impact positif attendu sur les objectifs sociétaux, qui sont tous soumis à des risques et à des incertitudes importants qui pourraient faire en sorte que les résultats réels diffèrent sensiblement de ceux exprimés. ou sous-entendu par de telles déclarations.Les énoncés prospectifs sont fondés sur certaines hypothèses et attentes concernant des événements futurs qui pourraient ne pas être exacts ou se réaliser, comme les prévisions pour l’ensemble de l’exercice reposant sur des modèles fondés sur des hypothèses de la direction concernant des événements futurs qui sont intrinsèquement incertains.Ces déclarations ne constituent pas des garanties de performances futures. Les déclarations prospectives impliquent également des risques et des incertitudes qui échappent au contrôle de Chemours. Des questions hors de notre contrôle, y compris les conditions économiques générales, les conditions géopolitiques et les événements sanitaires et météorologiques mondiaux, ont affecté ou peuvent affecter nos activités et nos opérations et peuvent ou peuvent continuer à entraver notre capacité à fournir des biens et services aux clients, à provoquer des perturbations dans nos chaînes d’approvisionnement, comme par le biais de grèves, d’interruptions de travail ou d’autres événements, affectent négativement nos partenaires commerciaux, réduisent considérablement la demande pour nos produits, nuisent à la santé et au bien-être de notre personnel ou provoquent d’autres événements imprévisibles. En outre, il peut y avoir d’autres risques et incertitudes que Chemours n’est pas en mesure d’identifier pour le moment ou dont la société estime que l’incidence sur ses activités est actuellement négligeable.Les facteurs qui pourraient causer ou contribuer à ces différences comprennent les risques, les incertitudes et d’autres facteurs évoqués dans nos documents déposés auprès de la Securities and Exchange Commission des États-Unis, y compris dans notre rapport annuel sur formulaire 10-K pour l’exercice clos le 31 décembre 2023 et notre rapport trimestriel. Rapport sur formulaire 10-Q pour le trimestre clos le 31 mars 2024. Chemours n’assume aucune obligation de réviser ou de mettre à jour toute déclaration prospective pour quelque raison que ce soit, sauf si la loi l’exige.

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Langue française : pourquoi Napoléon était fâché avec l’orthographe

Je l’avoue : c’est le genre de scènes qui, dans un film historique, m’agacent au plus haut point. En général, tout y est fignolé dans les moindres détails : les paysages, les costumes, les meubles… Tout, sauf la prononciation. Ecoutez la Lorraine Jeanne d’Arc ; écoutez le Béarnais Henri IV ; écoutez le Languedocien Jean Jaurès. Chacun d’entre eux, on le sait, parlait français avec l’accent de leur région d’origine. Mais, à l’écran, on croirait entendre des présentateurs de journal télévisé en 2024 !

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La règle vaut aussi pour Napoléon, y compris dans la dernière superproduction que lui a consacrée Ridley Scott. Dans la version française, l’empereur s’exprime avec les intonations de la bourgeoisie parisienne contemporaine, ce qui est évidemment contraire à la réalité. Et pour cause ! A sa naissance, en 1769, la Corse vient tout juste de devenir française. Sur l’île, on emploie donc principalement le corse (dans les classes populaires) ainsi que le génois (dans les élites nobiliaires et bourgeoises) – la capitale de la Ligurie y a longtemps été la puissance dominante. La famille de Napoléon n’échappe pas à la règle. Son père, Charles, lui a bien dispensé quelques notions de français, mais très peu et très tard, quelques mois à peine avant son départ pour le Continent. Résultat : lorsque l’enfant intègre le collège d’Autun puis l’école militaire de Brienne, en 1779, sa maîtrise de la langue nationale est plus que médiocre. « Son niveau est tel que le père Dupuy, principal en second, lui donnera des cours particuliers pour combler ses lacunes », souligne François Houdecek, l’éditeur de la correspondance générale de Napoléon en 15 volumes (1).

LIRE AUSSI : Pourquoi Pierre Bourdieu avait-il honte de son accent ?

Le futur empereur finira bien sûr par maîtriser le français, mais cette situation de départ aura trois conséquences principales.

Une orthographe fantaisiste

« Oberge », « peauvre », « flame », « afreuse »… Même ses admirateurs les plus transis en conviennent : l’empereur était meilleur sur le champ de bataille qu’en dictée, comme en témoignent ces divers exemples relevés dans sa correspondance avec Joséphine par l’historienne Chantal de Tourtier-Bonazzi. De même, Napoléon écorchait régulièrement la syntaxe en écrivant par exemple « j’espère que tu ai plus de force ». « Ses manuscrits étaient truffés d’italianismes et de fautes », résume l’historien Thierry Lentz. « Conscient de cette faiblesse, Bonaparte a fait rédiger toutes ses lettres officielles par un secrétaire dès qu’il a accédé au grade de général, en 1793. Seule sa correspondance privée restera écrite de sa main, soit moins de 2 % de ses 40 000 lettres recensées », explique François Houdecek.

LIRE AUSSI : Jean Castex a un accent, et alors ?

Il est vrai aussi que Napoléon faisait preuve d’un souverain mépris pour cette matière. A ses yeux, L’essentiel résidait dans la pensée ; l’orthographe relevait de l’intendance. « Un homme public […] ne peut, ne doit pas écrire l’orthographe, expliqua-t-il à Las Cases lors de son exil à Sainte-Hélène. Ses idées doivent courir plus vite que sa main […] ; c’est ensuite aux scribes à débrouiller tout cela. »

Une certaine tolérance vis-à-vis des langues régionales

Certes, Napoléon imposa le français comme langue de l’Etat. Mais, contrairement à certains révolutionnaires tels que Barère ou l’abbé Grégoire, il ne fit preuve d’aucune hostilité vis-à-vis des autres langues de France. « Il encouragea les travaux de l’Académie celtique, dont l’un des buts était de retrouver la langue celtique dans les auteurs et les monuments anciens' », précise Thierry Lentz. De même, dans les territoires italiens, germaniques ou espagnols conquis, le français avait le statut de langue officielle, mais l’usage des « idiomes du pays » n’était aucunement proscrit.

Un accent régional marqué

Enfin, on y revient, Bonaparte ne s’est jamais départi de son accent corso-italien, prononçant « senté » – en faisant sonner le e -, au lieu de santé, et « Mentoue » au lieu de Mantoue, comme le relève encore Chantal de Tourtier-Bonazzi. Il faut toutefois noter qu’à cette époque, l’ouverture d’esprit dans ce domaine était plus grande qu’aujourd’hui. « Tous les spécialistes sont à peu près d’accord : l’empereur devait avoir une pointe d’accent corso-italien, mais personne ne l’a formellement relevé car cela n’avait rien de particulier », souligne François Houdecek.

Logique : au début du XIXe siècle, la majorité des Français avaient pour langue maternelle l’occitan, le breton ou le picard. Comme l’Alsacien Kellerman, comme le Lotois Murat, une grande partie des élites s’exprimait donc avec de fortes intonations issues des langues dites régionales. Napoléon n’échappait pas à la règle.

LIRE AUSSI : L’accent, une discrimination plus puissante que la couleur de peau

Mais pour le monde du cinéma, c’est non ! Tout comme les acteurs d’origine immigrée ont longtemps été cantonnés à des rôles de voyous ou de femmes de ménage, alimentant ainsi les clichés, ce petit milieu refuse de laisser un personnage important de l’Histoire de France s’exprimer avec un accent régional. Le dernier exemple en date nous est « offert « par Julie Gayet, qui vient de réaliser un film sur la révolutionnaire Olympe de Gouges. La rédactrice de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne parlait languedocien et prononçait le français avec des intonations montalbanaises ? Qu’à cela ne tienne ! L’actrice interprète son personnage avec l’accent standard et le justifie ainsi dans le supplément dimanche de La Dépêche du Midi : « La volonté de montrer son universalité a fait qu’on a éliminé ce qui risquait de paraître pittoresque. »

« Pittoresque » ! Si l’on suit bien le raisonnement de la comédienne, les personnes qui parlent avec un accent régional seraient donc incapables de défendre des idées universelles, privilège qu’elle estime réservé aux locuteurs s’exprimant comme la bourgeoisie parisienne.

Oui, il y a de fortes chances que l’on entende encore longtemps Napoléon avec un accent qui n’était pas le sien…

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(1) Dernier ouvrage publié : Vivre la Grande Armée. Etre soldat au temps de Napoléon, par François Houdecek. CNRS Editions.

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Respecter l’orthographe d’un nom de famille issu d’une langue régionale « ne constitue pas l’intérêt légitime requis par la loi ». Telle est la réponse officielle du ministère de la Justice adressée à Tristan Le Floch, qui souhaitait retrouver le véritable patronyme de sa famille, ar Floc’h, déformé de manière arbitraire par l’administration. Un refus qui, encore une fois, illustre l’intolérance de la France en matière de respect des droits linguistiques des minorités.

L’Unesco saisie de la protection de la toponymie bretonne

Saisi par des associations bretonnes, l’Unesco a ouvert une procédure et interpellé le gouvernement français. En cause : la loi 3DS (différenciation, décentralisation, déconcentration et simplification), qui impose aux municipalités de moins de 2 000 habitants de donner un nom à toutes leurs rues et qui, dans les faits, se traduit souvent par une francisation de toponymes. Une réforme qui concerne tous les territoires.

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Du 5 au 9 juillet se déroulera la traditionnelle universitat occitana d’estiu de Nîmes (Gard). Au programme : concerts, conférences, lectures et passa-carrièra (promenades chantées dans la ville).

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La chanson à l’honneur à Villers-Cotterêts

« C’est une chanson qui nous ressemble. Succès mondiaux des musiques populaires francophones ». Tel est le thème de la première exposition temporaire de la cité internationale de la langue française de Villers-Cotterêts. Du 19 juin au 5 janvier prochain, on pourra y (ré) entendre tubes de l’été, mélodies éternelles et compositions des plus grands chanteurs francophones.

À ECOUTER

Un site pour apprendre l’occitan aux tout-petits

C’est une première. Un site Internet ludique destiné à apprendre l’occitan/gascon dès le plus jeune âge vient d’être lancé par le département des Pyrénées-Atlantiques. Cet outil pédagogique novateur, dénommé Ninon (prononcer Ninou – terme affectueux désignant un tout-petit, en béarnais), est destiné aux parents qui souhaitent transmettre cette langue à leurs enfants et aux professionnels de la petite enfance. Jean-Brice Brana, l’un de ses concepteurs, expose ici ce dispositif qui s’appuie sur les bénéfices du bilinguisme précoce.

À REGARDER

Qu’est-ce qu’être Breton ? Les réponses d’Alan Stivell

Très intéressante réflexion du chanteur symbole du renouveau culturel breton sur l’identité. Partant d’un constat irréfutable – « nous vivons désormais dans une société totalement francophone » – il en tire une conclusion positive et stimulante : « Etre breton, c’est conserver en soi sa part bretonne », qu’il s’agisse d’écouter de la musique celtique ou de parler la langue, « même un peu ».

Viatge en Aquitània, par Gric de Prat

Depuis vingt ans, la compagnie Gric de Prat revisite et réinterprète le patrimoine séculaire de la Gascogne. Son dernier disque, Aquitània, mêle créations, chants et textes des troubadours.

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